Retour sur le conseil municipal du 16 septembre 2020

Lors du conseil municipal du 16 septembre dernier, les élus de Servon Ensemble sont intervenus sur plusieurs point :

  • Ouverture à l’urbanisation de la zone dite « Gare Nord – Halte ferroviaire »

Maryse Gosset :
« Lors de la commission vie économique, urbanisation et agriculture du 7 septembre dernier, il a été évoqué la mise en œuvre des procédures d’urbanisme afin de permettre l’ouverture à l’urbanisation concernant le projet des terrains de sport et projet Gare Nord.
La délibération présentée ce soir ne porte que sur l’ouverture à l’urbanisation du secteur Gare. Pourquoi l’aménagement des terrains de sport n’est pas rattaché à cette modification ? De quelle procédure cet aménagement fera l’objet ? Quand ? Si ce sont des opérations proches dans le temps pourquoi ne pas faire un dossier global pour limiter les coûts ?

De plus il est indiqué dans la délibération « informer par voie de presse et affichage de la procédure de modification » Est-il prévu d’autre mode de publication pour impliquer les citoyens et les inciter à participer ? »

Damien Gentilleau :
« Sur l’urbanisation de la zone Gare Nord, nous pensons qu’il est peut-être temps de faire une pause.
La course à l’urbanisation paraît sans fin alors que les services et infrastructures ne suivent pas toujours : médecins, sages femmes, crèches, commerces,…
Nous avons déjà eu l’occasion de le dire : le nombre de construction va au-delà des prévisions démographiques d’ici à 2030. Le scénario central de l’INSEE de fin 2019 est très en deçà de la trajectoire que vous prenez. Par ailleurs, la modification de cette zone était prévue dans un temps long (priorité 3), c’est à dire 10-15 ans pour le projet 2015-2030, nous en serons à 7 ans quand les premières habitations sortiront de terre, d’ici 2 ans.
Il est encore temps de prendre le temps et d’éviter à nouveau de consommer de surface naturelle et/ou agricole.
Prendre le temps de réfléchir avec les Servonnaises et Servonnais de ce que nous pouvons faire de ces zones. Réfléchir à un éco-quartier par exemple, à la mixité sociale (semble-t-il absente de ce projet).
Personne ici ne souhaite que Servon ne se transforme en ville dortoir : nous devons penser la vie dans la ville. Les bâtiments (que ce soit Clémenceau ou centre socio-culturel) ne font pas la dynamique si les projets n’emportent pas avec eux l’adhésion des habitants. Il est temps d’intégrer réellement les habitantes et habitants de Servon, sur une vision globale du vivre ensemble plutôt que des consultations rapides, au coup par coup, projet par projet.
Je vais reprendre les termes de votre programme :
– encourager l’éco-construction
– Intensifier et favoriser la concertation et l’interaction entre citoyen.ne.s et élu.e.s,pour chaque projet
– groupes de travail et groupes projet associant citoyen-ne-s, partenaires et acteurs du territoire
Il serait juste et honnête de mettre en marche les démarches participative promises dans le programme, d’amorcer une réelle réflexion sur la conception d’éco-quartier au moment ou c’est encore possible. En concevant un cahier des charges précis instituant l’éco-construction pour les nouveaux bâtiments que ce soit Gare Nord ou Ilot Clémenceau.
Nous voterons donc contre ce projet tel que présenté ici, et demandons un débat public sur les questions d’urbanisation, d’infrastructures… dans une vision globale et une dynamique collective pour le bien de toutes et tous. »

Guillaume Belhomme intervient ensuite pour rappeler aux élus majoritaires leur engagement en faveur de l’éco-construction. Il demande si la création d’un éco-quartier est envisagé à Servon sur Vilaine.
Note : nous n’aurons pas de réponse claire à ce sujet. Il n’est de toute façon pas envisagé sur le terrain Gare-Nord.

  • Demande de subventions pour des opérations foncières (Ilot Clémenceau)

Thierry Panaget informe que les élus de la minorité vont voter pour sans que nous ne validions pour le moment le projet dans sa globalité. En tant que membre de la commission espace public, environnement et réseaux et de la commission patrimoine et bâtiments, il sera vigilant à toutes les facettes du projet. Ses collègues de la minorité feront de même dans leurs commissions respectives.

  • Terrain de foot synthétique

En fin de séance, Anthony Veillard, habitant de Servon-sur-Vilaine (et également membre du Collectif Citoyens) et père d’un enfant pratiquant le football à Servon prend la parole à propos du terrain synthétique :

« Après des rencontres avec les associations sportives, il a été remonté un besoin de renouvellement et ou d’accroissement des équipements.
La municipalité a engagé une réflexion sur la construction d’un nouveau terrain synthétique.
Il semble admis par la majorité des habitants qu’un nouveau terrain de foot soit nécessaire, mais je vous interroge sur le choix du synthétique.
Ce choix m’interpelle en tant que père d’un joueur du club de foot, écologiquement responsable et contribuable.
Après en avoir échangé avec d’autres habitants de la commune, je remarque que nous sommes nombreux à ne pas comprendre les raisons qui ont guidé ce choix.
Après quelques recherches, je constate que ce genre d’équipement est mis en place dans des villes plus importantes en terme de population, de nombre de licenciés et donc de moyens.

Pour exemple :
Guichen commune de 8500 habitants et 550 licenciés vient de construire ce genre de terrain en complément de cinq terrains en herbe, un stabilisé et une piste d’athlétisme.
Alors que servon 3500 habitants compte environ 250 licenciés.
Les communes de notre taille ne s’orientent généralement pas vers cet équipement.

Pour rappel :
La qualité de jeu est incomparable entre les deux surfaces. L’herbe est la surface reine pour le plus grand nombre de footballer.
Des traumatismes liés au jeu sur synthétique sont récurrents (ligament croisés, brûlures…)

Concernant la Qualité de vie
Il est remarqué une différence importante de température de surface entre du synthétique et de l’herbe. Nous vivons de plus en plus de canicules et les ilots de chaleur en ville sont néfastes pour la santé et le réchauffement climatique.
Le gazon naturel est un puit à carbone et une climatisation naturelle, gratuitement.

sur le plan Environnemental
Un terrain synthétique est composé majoritairement de produits dérivés du pétrole : sous couche, structure, fibres. Seule une partie du remplissage permettant la bonne tenue de ces fibres vertes peut être constitué de liège.
Il vous faudra assumer de couvrir presque un hectare de plastique.
La nocivité des les micro-plastiques pour les milieux aquatiques notamment, a été prouvée.
Ce genre d’équipement a pu être novateur il y a plus de 20 ans, mais aujourd’hui, encore plus après un confinement, on parle plutôt de réchauffement climatique, de réduction des plastique, de diminution d’énergie fossile.
Il faut savoir également que les déchets après le démantèlement serons brûlés .
Je partage une citation de monsieur le Maire :
«  tous nos faits et gestes ont un impact sur la préservation de l’environnement. Il appartient à chacun d’entre nous de s’interroger sur ses pratiques ».
Il faut maintenant traduire ce genre de citation par du concret dans vos choix.

Pour terminer sur le plan financier
Le terrain synthétique va coûter 1 000 000€ pour une espérance de vie de 10 ans. À cela il faudra ajouter 100 000€ de démantèlement (avec une valeur du foncier divisée par deux).
Contrairement aux idées reçues, un terrain synthétique nécessite de l’entretien.
Comment allez-vous justifier l’ampleur de l’investissement à la population ?
Alors qu’un terrain en herbe coûte environ 250 000€ pour une espérance de vie de 30 à plus de 50 ans.
Ça c’est du développement durable. »